lesfleursdumalbaudelaire

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,

Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un de mes fameux poèmes, Parfum exotique. En effet, ce poème est un des premiers dédiés à une de mes amantes, ma muses, Jeanne Duval. Et ce poème me rappelle sa peau métisse, qui me fait allusion à ses origines exotiques, et évoque cette île.

Pour un peu parler de la composition et de la versification, c’est bel et bien un sonnet, qui contient deux quatrains et deux tercets avec des rimes en ABBA ABBA CCDEED. Il y a une alternance entre les rimes masculines et féminines, et ce sont des vers en alexandrin avec des hémistiches sur beaucoup de vers. Si vous avez bien remarqués, les deux quatrains forment une phrase « Quand … étonne. » et les deux tercets aussi « Guide … mariniers. ».

Les grands thèmes de ce poème sont :

-la sensualité, plus particulièrement, la femme, avec notamment la citation « ton sein chaleureux » v2 et « quand les deux yeux fermés » au premier vers qui font allusion à la fin d’un débat sexuel.

-la synesthésie, avec l’odeur comme titre « parfum » « je respire l’odeur » v2, la vue « je vois » v3 et v10, le goût « fruits savoureux » v6, et l’ouïe « au chant des mariniers » v14. J’ai fait référence au toucher avec l’image du sein chaleureux de mon amour dans ce poème. Ais ici, l’odeur est le sens principal du poème, puisqu’il l’odeur du parfum rappelle Jeanne.

-puis l’exotisme, avec les champs lexicaux de la mer « rivages » v3, « voiles et mâts » v10, « vague marine » v11, « mariniers » v14  comme un voyage puisque celle-ci me rappelle une île merveilleuse; le soleil la chaleur « qu’éblouissent … soleil monotone » v4, « charmants climats » v9, et la nature exotique et tropicale avec « île paresseuse … la nature » v5, « arbres singuliers … fruits savoureux » v6, « verts tamariniers » v12. Toutes ces connotations font références à mon voyage de jeunesse à la Réunion.

Maintenant, nous allons plus parler du fond de ce poème, car en effet, beaucoup de figures de styles y sont pour l’interprétation, avec l’antithèse du « soleil monotone » v4 qui nous montre que le soleil brille et est tout le temps présent à cet endroit-là, puis les pléonasmes qui rajoutent une description au paysage de « vague marine » v11 et « verts tamariniers » v12. Puis il y a des paronomases avec « chaleureux, heureux » « tamariniers mariniers » « savoureux rigoureux ». Il y a aussi l’assonance v10 en « a », et l’allitération en « s » v6.

Ce poème est une déclaration d’amour à ma maîtresse museet déesse Jeanne Duval, c’est un rêve amoureux et sensuel, pris par elle, et c’est elle le « guide » v9 de ce rêve paradisiaque, et par ces moments d’intimité partagé, car bien que la référence du « sein chaleureux » v2 est pour la sensualité, voire l’érotisme, il y a aussi cet instinct maternel.

Ce poème fait donc beaucoup référence au jardin d’Eden, où les hommes et les femmes se baladent nus, avec le bonheur et l’amour, personne ne travaille, et c’est la nature qui se charge de tout.J’ai fait référence parallèment à la Genèse dans la Bible. Les enjambements de ce poème font suite à la fluidité de la rêverie, et le spleen beaucoup présent dans « les Fleurs du mal » est lointain.

Ce poème est pour conclure bel et bien une référence pour la femme, c’est même un des premiers que j’ai écrit pour Jeanne, bien que l’image de la femme laisse place au tableau exotique et oserai-je dir sensuel.