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Ciel brouillé

On dirait ton regard d'une vapeur couvert;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé!

Ô femme dangereuse, ô séduisants climats!
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer?

 Charles Baudelaire

Le poème « Ciel brouillé » fait parti de ma section spleen et Idéal tiré des Fleurs du mal ,

Mon poème est composé de quatre quatrains en alexandrins aux rimes suivies et son titre sert de métaphore pour évoquer la femme en faisant référence au paysage en hiver. Ce titre apparaît d’ailleurs à la fin du troisième quatrain. Un des thèmes principaux est la description de la femme sous ses aspects contrastés. Vous vous doutez d’ailleurs qu’il s’agit de Marie Daubrun , jeune comédienne aux yeux verts. L’autre thème évoqué qui m'est étroitement liée à la femme est la description d’un paysage. Enfin le dernier thème est le spleen ressentit par le poète à l’évocation de cette femme.

Les figures de styles importantes sont : « ton regard d’une vapeur couvert » qui est une métaphore ; « doux et curel » qui est un adjectifs construit en forme d’oxymore ; « les cœurs ensorcelées » qui est une personnification » ; « Les nerfs trop éveillés raillent l’esprit qui dort » , « implacable hiver » qui sont des personnifications ; « paysage mouillé » qui est une apostrophe.